Quand la matière prend vie.

Un peu de technique maintenant. Vous le savez, j’aime bien expliquer comment ça marche, quelles sont les étapes suivies pour transformer une idée en objet désirable. C’est souvent plus facile à dessiner qu’à réaliser et je m’arrache parfois les cheveux quand je comprends la complexité de la tâche à accomplir.
Les bijoux en céramique et or ne font pas exception à la règle.
Fabriquer un objet en céramique résulte d’un savant dosage de techniques, de patience et… d’amour.
Je vous livre, ci dessous, les geste successifs qui doivent être exécutés à la perfection pour transformer la poussière en porcelaine. Chacun d’entre eux dépend du précédent et conditionne le suivant. Mais la réussite repose aussi sur le respect des temps incompressibles nécessaires à la fabrication, aux séchages et aux cuissons successives.

La porcelaine : un mélange de roches

Découpe des pièces à la main

Séchage des pièces & première cuisson

Émaillage des pièces & seconde cuisson

Décors à l’or réalisés à la main & troisième cuisson

Tadaaaaa!

Au départ, la pâte de porcelaine est composée de trois roches (50% de kaolin, 25% de quartz et 25% de feldspath). Ces matières sont délayées dans de l’eau, broyées, mélangées, tamisées puis filtrées, pour se présenter sous forme de galettes avant d’être transformées, selon les techniques de fabrication, en pâte plus ou moins liquide.
Puis, vient le temps de la confection des pièces à la main et du séchage – qui varie de vingt-quatre heures à une semaine – et au cours duquel elles subissent un léger retrait (environ 15%).
Un polissage délicat permet alors d’effacer toute imperfection affectant la surface des pièces avant la première cuisson à 1050 degrés Celsius. Celle-ci déshydrate les pièces et les rend poreuses afin que l’émail puisse ensuite se fixer en surface. L’émail se compose des mêmes ingrédients que ceux de la pâte de porcelaine, dans des proportions différentes, et confère aux pièces un aspect lisse et brillant.
L’émaillage répond à une gestuelle très précise et rapide qui permet, en les trempant dans un bain, de déposer sur la surface des pièces une épaisseur aussi constante que possible. Les pièces subissent ensuite une deuxième cuisson à 1260 degrés Celsius dont le but est de vitrifier l’émail, de façon à développer la blancheur, la translucidité et la solidité de la porcelaine. C’est durant cette cuisson que les pièces prennent l’essentiel de leur retrait par rapport aux modèles et atteignent leur taille définitive.
Toutes sont alors vérifiées, une à une, et celles présentant des défauts (tâches, fêlures, irrégularités de l’émail ou déformations) sont écartées. Seules les plus parfaites sont ensuite peintes à l’or avec minutie et précision par un maitre artisan.
Pour finir, les pièces décorées subissent une troisième cuisson et deviennent, enfin, les éléments centraux de mes créations. Au terme de ce long processus, la matière se métamorphose en médaillons pour orner des colliers ou des boucles d’oreilles.
Mes bijoux prennent enfin vie. C’est le début d’une grande aventure, jusqu’à ce qu’ils trouvent un cou ou une oreille pour les adopter.
Cette aventure, c’est vous qui l’écrivez chaque jour.